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Ludovic Mahieu (CEO de Hellion Cat), joueur passionné et entrepreneur ambitieux

4/6/2019

A 12 ans, Ludovic Mahieu se rêvait créateur de jeux vidéo. Plus tard, armé de deux masters en sciences de gestion et en ressources humaines, il se forme à la programmation, au graphisme et au développement de jeu vidéo pour devenir freelance, et fonde Hellion Cat en 2016. Nous avons posé quelques questions à ce passionné de jeux et ambitieux entrepreneur pour en savoir plus sur sa vision du serious game, son avenir, et celui de Hellion Cat.

Comment l’aventure Hellion Cat a-t-elle commencé ?

J’ai créé Hellion Cat autour du projet Top Memo avec mon beau-père, mais avant ça j’ai essayé de créer un studio en m’associant avec un ami graphiste. L’association ne s’est pas très bien passée, c’est pour ça que j’ai décidé de lancer Hellion Cat sans lui.

Cela fait bientôt 3 ans que le studio existe. Comment voyez-vous son évolution ?

Depuis le début, je dirais que nous avons gagné en compétences et en maturité. Au début, nous avons dû tester des choses pour voir ce qui fonctionnait bien ou moins bien. Maintenant, nous commençons à explorer une bonne piste. Le studio se trouve donc plutôt sur une pente ascendante. Le tout, c’est de continuer à s’accrocher et d’évoluer dans ce sens.

Quelle est votre définition du serious game ?

Le serious game, c’est un jeu qui doit atteindre un objectif sérieux. Qu’il s’agisse de faire passer un message ou un contenu de formation, par exemple. Mais pour moi, ce qui est important, c’est d’équilibrer la balance entre le côté « sérieux » et le côté « jeu ». Entre ce qu’on veut faire passer (le côté pédagogique ou le message) et le fun lié à l’expérience. Si le jeu est trop fun, on rate l’objectif, le message risque de ne pas être perçu. Mais si on est dans quelque chose de trop sérieux, au final le participant ne va pas accrocher car il va sentir qu’il y a du forcing et que ce n’est pas spontané.

Pour que ça fonctionne vraiment bien, le jeu doit rester une activité librement consentie. Les joueurs doivent donc prendre du plaisir à s’y adonner et ressentir des émotions. Ça ne doit pas juste être un quizz, dans une simple logique de restitution. Pour moi, il faut aller plus loin. C’est un écueil que beaucoup de serious games partagent. C’est tout un art de faire un bon serious game.

D’après vous, quelle est la raison d’être du serious game ?

Je pense que le serious game existe car on s’est rendu compte des limites du système d’enseignement actuel. Il y a une recherche de nouvelles méthodes plus efficaces, qui entraînent aussi plus d’engagement de la part des apprenants. C’est dans cette lignée que s’inscrit le serious game. Le but, c’est de fluidifier les échanges, les messages, la rétention d’information ou de contenu de formation. Plutôt que d’être dans un schéma barbant où un formateur va parler devant son auditoire sans parvenir à capter 100% de son attention ni lui faire retenir son message efficacement, on se rend compte qu’il y a d’autres solutions.

L'équipe de Hellion Cat au travail


A qui sont vraiment destinés les serious games ?

Les serious games vont s’adresser à des publics très larges. Pour un besoin donné, un message ou une information à faire passer, il va falloir définir une cible précise et construire ce serious game autour de cette cible précise pour avoir quelque chose de vraiment efficace. Plus cette cible est large et plus il sera compliqué de faire passer cette information chez tout le monde. Il faut que le contenu plaise au plus grand nombre, mais comme on dit, on ne peut pas plaire à tout le monde. C’est un peu compliqué.

Généralement, le commanditaire d’un serious game est une entreprise ou une institution qui va vouloir l’utiliser soit en interne avec ses employés, soit vers l’extérieur, son public, ses prospects qu’elle veut cibler.

Quel est le plus gros challenge dans ce business ?

En Belgique, le serious game est quelque chose d’assez peu connu. Il y a donc un gros travail d’évangélisation à faire, de réussir à montrer l’apport que le serious game peut avoir au sein de l’entreprise et au sein des institutions. Beaucoup de gens voient encore le jeu comme quelque chose qui ne peut pas être sérieux et qui ne peut pas atteindre un objectif business. C’est quelque chose de compliqué.

Puis, il y a le fait qu’on crée des serious games personnalisés, adaptés à un besoin et qui permettent d’atteindre un objectif précis en fonction d’un budget donné. Il y a assez peu de récurrence car quand un projet est réalisé, il va souvent perdurer pendant 3, 4 ou 5 ans. Il faut donc continuellement pouvoir retrouver des entreprises ou institutions qui ont envie de créer un serious game sur un autre sujet.

Où voyez-vous Hellion Cat dans 5 ans ? Et dans 10 ans ?

Dans 5 ans, mon objectif est de faire grandir Hellion Cat, de manière à atteindre une vingtaine de personnes au studio. Je voudrais développer notre activité de services autant en Belgique qu’en France et dans d’autres pays, mais aussi développer nos compétences. Et si nous y parvenons, agrandir notre portefeuille de licences propres, ce qui nous permettrait développer notre activité dans le gaming. Actuellement, la proportion de nos activités est de 70 à 80% de services et 20 à 30% de licences propres.

Dans 10 ans, je ne sais pas, je vais déjà essayer d’atteindre l’objectif à 5 ans, et une fois que nous y serons, nous pourrons nous reposer la question et voir vers où ça évolue. Surtout que nous sommes dans un marché qui change pas mal, avec de nouvelles technologies et innovations. Nous verrons à ce moment ce qui sera la nouvelle tendance sur laquelle il faudra se focaliser.


Justement, l’avenir du serious game, c’est quoi ?

Je pense que l’utilisation du jeu comme média sérieux à un bel avenir devant lui. Il y a une vraie volonté d’utiliser ces différentes innovations technologiques dans notre domaine, je pense à la réalité augmentée, la réalité virtuelle dans lesquelles on voit encore des innovations. Pour l’instant nous travaillons avec les casques de base, bientôt les casques avec capteurs intégrés sortiront et permettront de nouvelles choses. Les enceintes connectées ouvrent encore plus le champ des possibles et rendent notre travail encore plus intéressant.

Il y a énormément de choses qui se développement d’un point de vue hardware et qui permettent de créer des expériences digitales ludiques. Tout cela va aider les entreprises à la fois à se démarquer mais aussi à atteindre leurs objectifs grâce à des méthodes inédites.

Hellion Cat développe aussi des projets en Réalité Virtuelle



Il existe de multiples acteurs dans le domaine du serious game. Qu’est-ce qui différencie Hellion Cat ?

Ce qui fait la force de Hellion Cat, en dehors de tout un tas de spécificités qu’on peut avoir, c’est véritablement la démarche de co-création vers laquelle nous voulons axer notre manière de travailler. Assez rapidement, nous avons constaté que les projets qui n’incluaient pas l’utilisateur final en amont étaient souvent voués à l’échec. Ce qui équivalait donc au final à jeter de l’argent par les fenêtres, et déforçait le secteur tout entier au passage. Nous avons donc décidé d’adapter notre méthodologie pour intégrer, dès la phase de conception du projet, le commanditaire et les utilisateurs finaux, et de développer le projet autour de ces acteurs. Puis, nous travaillons par itérations.

Je prends le cas d’un projet en cours que nous sommes en train de boucler : au départ, nous avons créé le prototype du jeu. Nous l’avons testé avec le public. C’est un public assez jeune, et il aimait beaucoup le jeu. Sauf que le message qu’il retenait n’était pas celui que le commanditaire voulait faire passer. Donc nous avons produit différentes itérations pour arriver à faire en sorte que le public apprécie le jeu mais qu’il comprenne aussi le message derrière. C’est là que nous avons atteint notre objectif. Nous ne l’aurions jamais atteint en travaillant de manière linéaire avec un cahier des charges qui liste toutes les étapes sans intégrer le feedback du commanditaire et des utilisateurs finaux pour que chacun soit satisfait.



Quelle est la réalisation du studio dont vous êtes le plus fier ?

C’est compliqué d’en sélectionner une car toutes nos réalisations nous ont permis d’apprendre des choses, de développer nos compétences et d’aller plus loin. Je dirais que de manière générale ce sont plutôt nos réalisations les plus récentes car elles portent en elles l’essence de ce que nous faisons, qui est de toujours s’améliorer. C’est donc toujours la dernière réalisation en date qui est la plus aboutie.


Si on vous offrait le contrat rêvé, avec quelle entreprise serait-ce ?

Ce n'est pas tellement une entreprise en particulier mais plutôt des messages et contenus intéressants, ou des produits avec un univers à gamifier qui m'intéressent. Ce que j'apprécie particulièrement comme thèmes, c'est tout ce qui touche à la nature, à l'écologie. Je refuserai de travailler pour un secteur qui ne suit pas mes valeurs, par exemple le tabac, la fourrure ou l'armement. Au-delà de ça, je suis partant pour gamifier n'importe quoi, que ce soit de la vente de boulons aux articles de luxe en passant par des sujets de formation divers et variés !

A côté du serious game, Hellion Cat a produit des jeux de société et travaille également sur un projet de jeu vidéo grand public (Cat’astrophes). Pourquoi est-ce important pour vous ?

Ce sont généralement des projets où nous pouvons laisser libre cours à notre créativité. Où nous pouvons faire ce que nous voulons. Pour un client, il faut être tout aussi créatif, mais il faut respecter sa ligne éditoriale à la lettre. Sur nos propres projets, nous respectons la ligne éditoriale de Hellion Cat. C’est quelque chose qui nous permet d’aller plus loin, de tester et sortir des sentiers battus. C’est aussi ce qui nous permet de nous faire connaître du grand public. Le serious game, c’est généralement du B2B. Avec le grand public, c’est une relation directe qui est différente.

3) Gain de temps et d’argent

La Réalité Virtuelle dans la formation

Cette technologie permet d’essayer des métiers avant d’entamer de longues études où le terrain n’arrive que loin dans le cursus. Prenons le cas de l’archéologie où il est nécessaire de faire 5 ans d’études pour devenir archéologue. Comme dans beaucoup d’études universitaires, les stages n’arrivent pas avant la 4e année. Toutefois, attendre 4 ans pour se rendre compte que fouiller à genoux dans la poussière est un métier que l’on n’envisage pas pour soi peut s’avérer quelque peu frustrant.

Outre le fait de simplement essayer un métier, un recruteur peut aussi rapidement se rendre compte qu’un postulant ne peut pas convenir au métier, que ce soit par exemple pour des raisons de vertige pour un peintre en bâtiment, de précision pour un chirurgien ou de son pour un régisseur de concert.

En ce qui concerne le coût à proprement parlé, une fois le matériel acheté et le programme développé, vous pouvez recréer l’expérience autant de fois que vous le souhaitez, et ce sans mobiliser un formateur ou un collègue qui serait obligé de former le nouveau venu aux dépens de son propre job.
Il vous suffira de placer l’apprenant dans une pièce avec son casque et à lui de jouer...

Vous avez comme projet d'utiliser cette technologie pour former vos employés ?

Hellion Cat vous accompagne dans la réalisation de ce celui-ci.

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